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                                    TECHNOLOGIE DU B%u00c9TONwww.cpi-worldwide.com PBI %u2013 Pr%u00e9fa B%u00e9ton International %u2013 2 | 2026 29En raison de ces propri%u00e9t%u00e9s, le b%u00e9ton de soufre a d'abord trouv%u00e9 des applications de niche dans les usines chimiques, les stations d'%u00e9puration et les constructions en milieu maritime, o%u00f9 le b%u00e9ton traditionnel %u00e0 base de ciment s'ab%u00eemerait rapidement.Apr%u00e8s plusieurs d%u00e9cennies de calme, le b%u00e9ton de soufre conna%u00eet un regain d'int%u00e9r%u00eat en Europe occidentale, sous l'impulsion des objectifs de durabilit%u00e9 et des exigences en mati%u00e8re de r%u00e9duction des %u00e9missions de CO2. En Belgique, l'entreprise Thiomaterials a d%u00e9velopp%u00e9 plusieurs technologies de b%u00e9ton de soufre et a d%u00e9j%u00e0 mis en %u0153uvre des applications pratiques (fig. 1). En 2021, l'op%u00e9rateur ferroviaire belge Infrabel a install%u00e9 des traverses en b%u00e9ton de soufre sur la ligne reliant Puurs %u00e0 Anvers. Ces traverses devraient r%u00e9duire les %u00e9missions de CO2 de 40 % par rapport aux variantes %u00e0 base de ciment et peuvent %u00eatre enti%u00e8rement recycl%u00e9es %u00e0 la fin de leur dur%u00e9e d%u2019utilisation. En 2024, des tests %u00e0 long terme ont confirm%u00e9 leur durabilit%u00e9, m%u00eame apr%u00e8s dix ans d'utilisation simul%u00e9e, ce qui constitue un signal fort pour leur utilisation industrielle.Parall%u00e8lement, des tests standardis%u00e9s ont %u00e9t%u00e9 lanc%u00e9s en 2023 aux Pays-Bas et en France sur des tuyaux d'%u00e9gout en b%u00e9ton de soufre du m%u00eame fabricant. Les r%u00e9sultats ont %u00e9t%u00e9 encore plus impressionnants : les tuyaux ont r%u00e9duit les %u00e9missions de CO2 jusqu'%u00e0 80 % par rapport aux produits conventionnels, tout en pr%u00e9sentant une excellente r%u00e9sistance chimique. Pas %u00e0 pas, l'Europe montre ainsi que le b%u00e9ton de soufre peut sortir des laboratoires pour %u00eatre utilis%u00e9 sur les chantiers, contribuant ainsi %u00e0 b%u00e2tir un avenir %u00e0 faible %u00e9mission de CO2 tout en r%u00e9utilisant de mani%u00e8re judicieuse un sous-produit industriel abondant.Malgr%u00e9 tous ses atouts, le b%u00e9ton de soufre pr%u00e9sente toutefois une faiblesse : les variations de temp%u00e9rature. Lorsque les temp%u00e9ratures augmentent et baissent de mani%u00e8re r%u00e9p%u00e9t%u00e9e, en particulier %u00e0 proximit%u00e9 du point de fusion du soufre, le mat%u00e9riau peut perdre son int%u00e9grit%u00e9.Le soufre existe sous plusieurs formes cristallines : le soufre orthorhombique (S%u03b1) et le soufre monoclinique (S%u03b2). %u00c0 environ 105 %u00b0C, S%u03b1 se transforme en S%u03b2, ce qui entra%u00eene une augn Qinjian Wang est doctorant %u00e0 l'Universit%u00e9 Libre de Bruxelles sous la direction du Prof. Dr. ir. Didier Snoeck. Son sujet de th%u00e8se porte sur le soufre comme liant alternatif pour les mat%u00e9riaux de construction, y compris la formulation du m%u00e9lange, le d%u00e9veloppement fonctionnel, les performances m%u00e9caniques et la caract%u00e9risation. qinjian.wang@ulb.ben Didier Snoeck est professeur associ%u00e9 au d%u00e9partement BATir de l'Universit%u00e9 Libre de Bruxelles (ULB). Ses principaux domaines de recherche sont la conception durable des structures portantes, les polym%u00e8res superabsorbants, la technologie du b%u00e9ton, la durabilit%u00e9 et la viabilit%u00e9, les propri%u00e9t%u00e9s nano- et microstructurales, ainsi que l'auto-%u00e9tanch%u00e9it%u00e9 et l'auto-r%u00e9paration des mat%u00e9riaux de construction. didier.snoeck@ulb.be
                                
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